Le centre social, terreau de culture(s).

Par Valentin Dupon, Manar Lamkadmi, Patrice Paillouse

« Tu connais mon nom ? », la chanson sénégalaise résonne sur la terrasse du centre social de l’Arbrisseau. Une bonne ambiance règne dans le groupe des 12-15 ans qui apprend des pas et des mouvements de danse sénégalaise au rythme du djembé.

On parle souvent de centre social et on n’en retient que la dimension « sociale » avec les attributs de proximité, d’accueil, d’animation, d’activités et de services à finalité sociale. Sur le territoire de Lille-sud cohabitent trois centres sociaux : dans un rayon de 4 kilomètres, le centre intercommunal la maison du Chemin rouge situé à Faches-Thumesnil, le centre Lazare Garreau et l’Arbrisseau touts deux à Lille-Sud. Ils revendiquent la double appellation « social et culturel » inscrite dans leur cahier des charges. Lille-Sud c’est aussi le plus grand quartier de Lille d’une superficie de 300 hectares et ses 20 000 habitants.

Comment on impulse de la culture, comment on sensibilise à la culture, aux cultures ? Les jeunes nous ont parlé de leurs expériences d’ALSH (accueil de Loisirs sans hébergement). Pour mieux comprendre, ce qui se cache derrière, nous sommes allés interroger Sébastien Vedis, coordinateur des ALSH sur le territoire. Ils ont été conçu pour amener de la culture aux jeunes : danse, graf’, beatmaking… d’une durée d’1h30 matin et après-midi pendant certaines vacances scolaires. Cela a un coût mais il est nécessaire à la création d’une dynamique culturelle sur le territoire et à l’épanouissement des enfants

Afin de mieux comprendre l’importance des ALSH sur les jeunes, nous sommes allés à leur rencontre pour voir ce qu’ils les avaient amené à y participer, sur qu’ils en retirent sur leur vie de tous les jours, dans leurs pratiques de loisirs.

For those who have seen the Earth from space, and for the hundreds and perhaps thousands more who will, the experience most certainly changes your perspective. The things that we share in our world are far more valuable than those which divide us.

Khan Nga soma tour ?

Tu connais mon nom ?

Certaines disciplines ont plus de succès que d’autres, c’est souvent des activités déjà connues ou des envies de les approfondir. La plupart d’entre eux ont apprécié, mais sont déçus par le manque de choix ou de nouvelles techniques d’apprentissage. Pour Romain, c’était stimulant : « J’aime bien y aller pour danser, c’est une belle opportunité ». Pour Mélina, le retour est plus mitigé, elle nous a dit sans détour : « je préfère prendre un cahier, un stylo et mon bureau et rester chez moi. Je préfère être chez moi pour dessiner ! ».

Ce travail coexiste tous les jours, en ce moment, l’Arbrisseau accueille Makhete Diop, jeune sénégalais de 23 ans venant de Saint-Louis, arrivé à Lille en juillet dernier, pour dix mois dans le cadre d’un service civique international. Il s’occupe pour les vacances de février d’un groupe de 12-15 ans à l’Arbrisseau, son envie de faire découvrir sa culture passe par le thème du carnaval sénégalais : la découverte des instruments de musique comme la kora, de la pratique de la danse et de la musique comme cet après-midi sur la terrasse de l’Arbrisseau. Il exprime que lors de son retour au Sénégal, il dira que « la France, c’est pas le luxe » et qu’il faut travailler dur pour réussir, mais dans tout ça, il éprouve du plaisir, du « vrai plaisir » comme il nous a confié, à travers ce qu’il fait avec les jeunes et surtout ce qu’il partage avec eux. Car pour Makhete, donner, partager sa culture, c’est aussi beaucoup recevoir.

Ce volontarisme passera dans quelques semaines par l’embauche d’un service civique : Valentin, jeune qui fréquente l’Arbrisseau depuis sa plus tendre enfance. En tant qu’ambassadeur culture, son rôle sera d’accompagner les animateurs à sensibiliser et à faire découvrir auprès des jeunes les activités culturelles proposées par le centre.

Les centres sociaux sont de beaux arbres qui proposent une forêt d’offres culturelles dont tout jeune peut bénéficier !