Dans le cadre du projet Jeune Journaliste Citoyens, sept jeunes reporters ont enquêté sur la présence et les trafics de drogue dans les quartiers de Lille Sud. Afin d’établir un rapport objectif, l’équipe de journaliste s’est plongé dans le quotidien de plusieurs personnes.

«  La drogue est pire que la guerre » ! Afin de faire un état des lieux sur la drogue à Lille Sud, nous avons mené une enquête de terrain. Nous avons eu l'occasion d'interroger plusieurs habitants du quartier. En nous balladant entre les grands bâtiments de brique et les terrains de jeux nous avons rencontré deux mamans surveillant leurs enfants. A notre question « avez-vous peur de la drogue ? », la réponse est directe : oui. « Nous avons peur. Peur pour nos enfants. Ils se promènent devant eux, jouent devant eux. C'est dangereux ».

Pour d'autres les problèmes viennent des politiques. « C'est un sujet très sérieux. C'est grave, pourquoi les politiques n'interviennent pas ? ». De façon générale, les habitants de Lille Sud sont conscients de la gravité du problème mais en ont pris l'habitude. « Ce qui me dérange le plus, c'est qu'ils ne se cachent plus. On les voit tous les jours », nous confie un habitant.

Certains ont peur, mais ce n'est pas le cas de tous. Quelques jeunes adolescents nous confient qu'ils ne craignent pas la présence de la drogue. « On se connaît tous dans le quartier. Pourquoi avoir peur ? ». C'est vrai, pourquoi avoir peur ? Car la drogue est un composé chimique qui agit sur la santé et que la consommation de drogue existe depuis plus longtemps qu'on ne le croit (2700 avant Jésus-Christ.).

Pour en savoir plus sur les conséquences de la drogue nous sommes allés à la recherche d'informations complémentaires. Nous avons d'abord essayé de nous renseigner auprès d'un commissariat de quartier, mais nous n'avons pas pu avoir de réponse. Malgré ça Jean-Jacques Trichot, un retraité de la Gendarmerie Nationale et patron d'un groupe de stupéfiants a accepté de répondre à nos questions :

LSD Zoom (LZ) : Comment se passe une enquête ?

Jean-Jacques Trichot (JJT) : On a d'abord des renseignements sur la ou les personnes concernées. Cela peut mener à une enquête préliminaire puis à une « instruction » (écoute téléphonique,filature). On peut aussi faire face à un flagrant délit. Dans ces cas là l'intrusction n'est plus nécessaire.

LZ : Quel type de drogue trouve-t-on le plus ?

JJT : Dans ma carrière j'ai trouvé beaucoup de cannabis mais aussi de l'héroïne, de la cocaïne et du crack. En effet, en France, la consommation de cannabis représente plus de 80% de la consommation globale. De plus les Français sont les premiers consommateurs de cannabis en Europe.

LSD Zoom (LZ) : Quelle était votre plus grosse perquisition ?

JJT : On peut trouver de très grosses quantités de drogue. Je me rappelle d'une fois ou nous avons arrêté un camion rempli d'une tonne de cannabis.

LSD Zoom (LZ) : Et pour la question bonus nous allons vous demander la cachette la plus insolite que vous ayez vue dans votre carrière ?

JJT : Il m'est arrivé une fois qu'un de nos chiens, renifle les fesses d'un suspect. Nous y avons trouvé un ballon de cannabis caché dedans.

Un quartier en prise avec le trafic

Si Jean-Jacques Trichot nous a parlé des conséquences juridiques, Khelifa Zairi, médiateur santé à Lille nous a parlé des conséquences sociales. En effet, il nous parle des différentes situations qu’il rencontre au quotidien dans son métier. Il nous a d’abord parlé des conséquences que la drogue pouvait avoir sur la vie des gens:«  Ce sont des personnes addictives. Certaines personnes ne sont pas conscientes du mal que ça leur fait. Pour elles le plus important c’est de se procurer une dose de drogue ». Nous comprenons alors que la conséquence principale de l’addiction est l’isolement. Les personnes addictives sont seules et ne pense plus au reste. « Il existe cependant des solutions pour lutter contre ça. » nous dit Khelifa, « Il existe des solutions médicamenteuses et sociales. On prescrit parfois des substituts à l’héroïne qui permettent de faire une cure progressive mais il existe aussi des centres d'écoute. Nous pouvons tous aider les personnes addictives à s’en sortir en les accompagnant par exemple vers des structures spécialisées. » Khelifa Zairi nous raconte ensuite que les personnes qui se droguent ne sont pas toutes les mêmes.  « Ce sont souvent des personnes en difficulté sociale, c’est vrai, mais je fais face à de nombreuses personnes différentes. Il n’y a pas que les pauvres qui sont touchés par la drogue. Je fais face à des personnes de tout âge et de tout type. » La drogue n’est donc pas un cas isolé à Lille Sud, elle est présente dans tout type de quartiers.

Pour moi il y a une solution pour atténuer les problèmes de drogue, que l’on vive ensemble 

Une question se pose alors : avec toutes ces conséquences, pouvons-nous avoir de l'espoir ?

D'après Sammy Adel animateur socio-culturel : oui. Sammy travaille au centre social de l'Arbrisseau à Lille Sud. Dans sa vie il est aussi artiste amateur. Il est devenu animateur pour aider les personnes à atteindre leurs objectifs personnels. Il s'est fait repérer par le directeur de l'Arbrisseau grâce aux projets de danses qu'il a mené : l'autofinancement d'un voyage à Los Angeles ou la création d'un flashmob avec des personnes valides et handicapés. Mais Sammy écrit aussi des chansons sur des sujets qui le touche. La drogue est un des sujets les plus importants. Il utilise ses chansons dans le cadre de son métier pour sensibiliser les jeunes aux sujets sensible. C'est ainsi qu'il écrit : « Si tu en as besoin » ; une chanson qui veut aider des jeunes addicts à la drogue. S'il n'est pas prêt à exposer ses chansons au grand public, il a cependant accepté de nous la chanter et de nous laisser en publier un extrait. A travers ses chansons, Sammy cherche à aider les jeunes et à les guérir de l'addiction.

A travers tous nos témoignages nous comprenons que oui, la drogue existe à Lille Sud et partout ailleurs mais nous pouvons tous aider les personnes qui se droguent à s'en sortir.

Et comme le disait l’une des habitantes du quartier : « Pour moi il y a une solution pour atténuer les problèmes de drogue, que l’on vive ensemble »